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Danaé Thomas

Danaé Thomas se présente en quelques lignes…

Danaé Thomas
« chuchote »

« Je me rends compte qu’il est très difficile de se décrire… Je relis inlassablement ce que d’autres on fait pour essayer moi aussi de mettre des mots sur ma personne, mais rien n’y fait, je crois que je n’y arrive pas.  La présentation que je fais ici sera donc brève, et sans doute pas très concise.
Ce qui est important de savoir, c’est que l’art fait le tout dans ma vie, et qu’en même temps, tout fait l’art. Les choses autour de moi s’agencent en formes et en textures, les paysages en peintures, les nuits sombres en négatifs photographiques et les jours de beau temps en couleurs. Tout est sujet, tout est prétexte à création. J’aime lire, écrire, photographier, peindre, dessiner, photomonter, lithographier, sérigraphier… Je vous laisse faire le décompte.
Les études que j’ai faites, les lieux où j’ai vécu, les pays où j’ai voyagé forment la personne que je suis actuellement, à l’instant où j’écris. Si j’avais rédigé ce texte hier, ou même demain, il serait sans doute très différent. C’est aussi comme cela qu’il en va dans ma pratique plastique en général je pense. Les personnes que je rencontre à un moment, les choix que je fais, les choses que j’observe définissent mes choix artistiques du lendemain, sans pour autant que je m’en rende compte, et ainsi de suite.
Je préfère ainsi ne pas tenter de définir qui je suis (ou pense être) mais laisser le choix à chacun, au fil de mes travaux de découvrir, petit à petit, une personnalité.
Et comme je réalise que je ne pourrais me décrire précisément, je laisse le soin à quelqu’un d’autre de le faire… »

Je ne suis pas écrivain. La banalité d’une description reste pour moi un exercice difficile. Je ne suis pas le seul a priori ; heureusement, je fais de la prose sans le savoir. Danaé me ramène à des images, à des sensations très particulières. S’il fallait n’en choisir qu’une, ce serait celle du photographe à l’œil averti que j’ai pu accompagner dans ses différents voyages. De ce visage  mangé  par l’appareil photo, de ce “cyclope” argentico-numérique au regard révélateur. C’est à travers ses photographies qu’elle parle encore le mieux d’elle. Ces images à la simplicité apparente, avec toujours un petit quelque chose en plus, qui n’apparaît pas toujours au premier regard, mais qui donne cette sensation particulière. Comme lorsque qu’un nouveau détail nous apparaît soudainement dans un paysage pourtant parcouru maintes fois.
Cette envie de surprendre toujours, mais avant tout de se surprendre en essayant, sans cesse, de nouvelles choses. Et tant bien que mal, se remettre en question. Ses photographies sont aussi à la genèse de ses illustrations. Elles communiquent entre elles, se réfléchissent, pour former une suite logique, une redite ouvrant cependant sur de nouvelles possibilités. Comme un univers multiple, des mondes parallèles différant légèrement l’un de l’autre simplement grâce au jeu des possibles. C’est dans ces mondes qu’elle nous emmène, transmettant sa recherche incessante du lien dans l’instabilité, mais surtout son plaisir de la création.

(Gwenaël Prost)

à paraître aux éditions Le bleu des étoiles :

Monie (artiste)